Newsletter du cabinet – Août 2026
Newsletter – Août 2026
Comprendre, agir… et laisser du temps au corps
Le mois d’août a été assez particulier au cabinet.
J’ai rencontré plusieurs situations qui, au premier abord, pouvaient ressembler à des douleurs musculosquelettiques classiques… mais qui relevaient finalement d’un tout autre domaine.
C’est un bon rappel : le rôle d’un chiropracteur ne consiste pas uniquement à traiter. Il consiste aussi à examiner, réfléchir, identifier ce qui relève de son champ de compétences… et savoir réorienter lorsqu’une situation nécessite une prise en charge médicale.
Ce mois-ci, je vous propose donc de revenir sur deux situations rencontrées récemment : une colique néphrétique et une thrombose veineuse profonde.
Nous parlerons également de quelque chose de beaucoup plus simple, mais probablement tout aussi important : le bon sens en santé.
Enfin, j’aimerais revenir sur une notion qui me semble parfois oubliée à notre époque où tout doit aller vite : la récupération demande du temps.
Bonne lecture.
Quand une douleur n’est pas musculosquelettique
Colique néphrétique : quand le rein ressemble à une lombalgie
Une douleur dans le bas du dos n’est pas nécessairement une douleur provenant de la colonne vertébrale.
La colique néphrétique en est un excellent exemple.
Elle survient généralement lorsqu’un calcul bloque temporairement les voies urinaires. La douleur peut être extrêmement intense et se situer dans la région lombaire ou sur le côté du dos, avant de descendre vers le bas-ventre ou l’aine.
Elle peut donc parfois être confondue avec une lombalgie aiguë.
Certains éléments doivent cependant attirer l’attention :
-
apparition brutale d’une douleur très intense ;
-
douleur qui évolue souvent par vagues ;
-
difficulté à trouver une position confortable ;
-
irradiation vers l’aine ;
-
nausées ou vomissements ;
-
signes urinaires ou présence de sang dans les urines.
La littérature décrit également certaines présentations moins typiques, pouvant prendre la forme d’une douleur lombaire plus diffuse.
L’examen clinique et l’interrogatoire deviennent alors essentiels pour distinguer une origine musculosquelettique d’une origine viscérale.
Et lorsque le tableau clinique ne correspond pas à ce que l’on attend d’une lombalgie mécanique, il faut savoir ne pas traiter et réorienter.
Une douleur lombaire accompagnée de fièvre, de frissons, d’un état général altéré ou d’autres signes inhabituels nécessite notamment une évaluation médicale.
Thrombose veineuse profonde : une douleur de jambe qui n’est pas une sciatique
L’autre situation rencontrée récemment était une thrombose veineuse profonde (TVP), également appelée phlébite profonde.
Elle correspond à la formation d’un caillot de sang dans une veine profonde, généralement au niveau d’une jambe.
Les symptômes peuvent être relativement peu spécifiques :
-
douleur ou sensation de lourdeur du mollet ;
-
gonflement d’une jambe ;
-
parfois chaleur locale ;
-
parfois très peu de symptômes.
C’est précisément cette variabilité qui peut rendre le diagnostic délicat. L’Assurance Maladie rappelle d’ailleurs qu’une thrombose veineuse profonde peut parfois être quasiment asymptomatique.
Une douleur située dans la jambe peut donc, dans certaines situations, être initialement interprétée comme une douleur musculaire ou une irradiation de type sciatique.
Là encore, l’histoire du patient, les facteurs de risque, l’examen clinique et surtout la cohérence globale du tableau permettent de décider si la situation relève d’une prise en charge musculosquelettique ou d’une orientation médicale.
Pourquoi est-ce important ?
Parce qu’une thrombose veineuse profonde peut entraîner une embolie pulmonaire si une partie du caillot migre vers les poumons.
L’apparition brutale d’un essoufflement, d’une douleur thoracique augmentée à l’inspiration, d’un malaise ou d’autres symptômes respiratoires doit alors conduire à une prise en charge urgente.
Ces situations rappellent une chose essentielle :
toutes les douleurs ne se traitent pas. Certaines doivent d’abord être diagnostiquées et orientées correctement.
C’est aussi cela, le rôle d’un professionnel de santé de première intention.
Le bon sens : probablement l’un des outils de santé les plus sous-estimés
En consultation, je pose régulièrement cette question :
« Combien d’eau buvez-vous dans votre journée ? »
Et j’entends parfois :
« Je bois un café le matin, puis un thermos d’un litre de thé ou d’infusion dans la journée. »
Ma question concernait pourtant… l’eau.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un café ou une infusion n’apporte aucune eau à l’organisme. Mais cela illustre bien quelque chose que j’observe souvent : nous cherchons parfois des solutions complexes alors que les fondamentaux ne sont pas encore en place.
Une image simple :
Arroseriez-vous vos plantes toute la journée avec du café ou du soda ?
Probablement pas.
Notre corps est évidemment beaucoup plus complexe qu’une plante, mais l’idée reste intéressante.
Avant de rechercher la supplémentation parfaite, le dernier complément alimentaire ou une technique miracle, il peut être utile de revenir aux bases :
-
boire suffisamment ;
-
dormir correctement ;
-
bouger régulièrement ;
-
manger de manière équilibrée ;
-
récupérer ;
-
limiter ce que l’on sait mauvais pour notre santé.
Cela paraît simple.
Et pourtant, ce sont souvent ces habitudes répétées chaque jour qui ont le plus d’impact sur le long terme.
Nous avons parfois tendance à confondre simple et facile.
Boire de l’eau est simple.
Dormir suffisamment est simple.
Faire 30 minutes d’activité physique est simple.
Mais intégrer ces comportements dans notre quotidien avec régularité est parfois beaucoup plus difficile.
La santé repose rarement sur une action spectaculaire.
Elle se construit davantage avec des comportements cohérents répétés pendant des années.
Pourquoi dit-on… « patient » ?
Nous vivons à l’époque de l’instantanéité.
Un clic pour commander.
Quelques secondes pour obtenir une information.
Une livraison le lendemain.
Une réponse immédiate à une question.
Cette logique finit parfois par se transférer à notre santé.
Pourtant, notre corps ne fonctionne pas selon les mêmes règles.
Le mot patient vient du latin patiens, issu de patior, qui signifie notamment « supporter », « endurer ». L’idée de patience et de temps est donc historiquement intimement liée au mot lui-même.
Cela mérite peut-être d’être rappelé.
J’ai parfois devant moi une personne qui souffre de douleurs récurrentes depuis cinq, dix ou quinze ans.
Et, inconsciemment, l’attente peut être :
« Je suis là aujourd’hui. J’ai une consultation de 45 minutes. Je veux que tout soit réglé. »
Ce serait formidable.
Mais cela n’est pas toujours réaliste.
Que se passe-t-il réellement pendant une première consultation ?
Une première consultation de 45 minutes ne correspond pas à 45 minutes de traitement.
Pendant ce temps, il faut généralement :
-
comprendre le motif de consultation ;
-
reprendre l’histoire de la douleur ;
-
analyser les antécédents médicaux ;
-
comprendre les habitudes de vie ;
-
expliquer la chiropraxie et répondre aux questions ;
-
recueillir le consentement éclairé ;
-
réaliser l’examen clinique ;
-
compléter si nécessaire par un examen neurologique ;
-
analyser les imageries disponibles ;
-
déterminer si la prise en charge chiropratique est indiquée ;
-
expliquer ce que l’on a identifié ;
-
réaliser le traitement ;
-
proposer des exercices ou recommandations ;
-
réaliser la partie administrative.
Et tout cela doit évidemment se faire en échangeant, en expliquant et en restant disponible humainement.
C’est aussi pour cette raison qu’un problème ancien et complexe nécessite parfois plusieurs étapes.
Le meilleur plan de traitement du monde reste inutile s’il n’est pas suivi
On peut proposer le plan de traitement le plus pertinent du monde.
Si les exercices ne sont jamais réalisés, si les recommandations ne sont pas appliquées ou si la prise en charge est interrompue systématiquement dès la première amélioration, son efficacité sera nécessairement limitée.
La littérature sur les troubles musculosquelettiques montre depuis longtemps que l’adhésion thérapeutique constitue une dimension importante de la prise en charge. Les exercices réalisés à domicile, leur fréquence et leur régularité sont notamment au cœur de cette notion.
Cela ne signifie pas que toute absence d’amélioration serait « la faute du patient ».
Les raisons d’une mauvaise adhésion sont nombreuses : douleur pendant les exercices, manque de temps, difficultés d’organisation, anxiété, faible confiance dans ses capacités, contraintes professionnelles ou familiales…
Le rôle du praticien est donc également d’essayer de proposer quelque chose de compréhensible, réalisable et adapté à la personne qui se trouve devant lui.
Mais une prise en charge fonctionne mieux lorsqu’elle devient une collaboration.
Le praticien apporte :
-
son expertise ;
-
son examen clinique ;
-
ses recommandations ;
-
son traitement ;
-
une stratégie.
Le patient apporte :
-
son implication ;
-
sa régularité ;
-
son retour d’expérience ;
-
ses changements d’habitudes ;
-
et parfois simplement… sa patience.
La récupération est rarement quelque chose que l’on fait au patient. C’est quelque chose que l’on construit avec lui.
Actualités du cabinet
Congés d’été
Le cabinet sera fermé à partir du samedi 29 août jusqu’au dimanche 6 septembre inclus.
La reprise des consultations aura lieu le lundi 7 septembre après-midi.
Les rendez-vous peuvent bien sûr être réservés dès maintenant sur Doctolib pour la semaine de reprise.
Évolution des tarifs à partir de septembre
À partir de septembre 2026, les tarifs du cabinet évoluent légèrement.
Le fonctionnement devient plus simple :
Tarif de consultation unique : 60 €
Ce tarif concernera les consultations classiques, qu’il s’agisse d’une première consultation ou d’un suivi.
Certains plans de traitement spécifiques pourront conserver une tarification différente lorsqu’ils nécessitent une organisation particulière.
Cette évolution correspond à un rééquilibrage de la tarification au regard du temps consacré à chaque consultation, de l’examen clinique, du traitement, des exercices et de l’accompagnement proposé.
L’objectif reste inchangé : conserver des consultations suffisamment longues pour réaliser un véritable travail clinique, expliquer ce qui est identifié et proposer une prise en charge adaptée à chaque patient.
Votre avis compte toujours
Si vous avez déjà consulté au cabinet et que vous êtes satisfait de votre prise en charge, quelques lignes sur Google peuvent faire une réelle différence.
Votre témoignage permet au cabinet d’être mieux référencé et aide surtout d’autres personnes à choisir leur professionnel de santé.
Les témoignages vidéo sont également toujours les bienvenus.
Merci à toutes celles et ceux qui prennent quelques minutes pour partager leur expérience.
Pour conclure
Cette newsletter résume finalement assez bien plusieurs principes que j’essaie d’appliquer quotidiennement au cabinet.
Parfois, prendre soin d’un patient consiste à traiter une douleur.
Parfois, cela consiste au contraire à reconnaître qu’elle ne relève pas de la chiropraxie et à orienter vers le professionnel adapté.
Parfois, améliorer sa santé nécessite une prise en charge spécifique.
Et parfois, cela commence simplement par boire davantage d’eau, bouger régulièrement ou dormir un peu plus.
Enfin, quelle que soit la qualité du traitement proposé, il faut accepter une réalité biologique :
le corps a besoin de temps.
La santé n’est pas toujours spectaculaire.
Elle se construit souvent avec du discernement, du bon sens, de la régularité… et un peu de patience.
Je vous souhaite une excellente fin d’été.
À bientôt au cabinet,
Yassine KEBDANI, DC
Chiropracteur à Billère – Pau Ouest



