Newsletter – Septembre 2026
Newsletter – Septembre 2026
Prendre soin de son corps pour pouvoir s’en servir
Ce mois-ci, j’aimerais partir d’une situation beaucoup plus agréable que celles évoquées dans la newsletter d’août : les vacances.
Début septembre, j’ai eu la chance de découvrir Malte. Une très belle destination, mais aussi une île où l’on marche beaucoup, avec de la chaleur, des escaliers et pas mal de dénivelé, notamment à La Valette.
Lors d’une excursion à la Grotte Bleue, j’ai vu une personne éprouver de grandes difficultés simplement pour descendre les quelques marches permettant d’accéder au bateau.
Sans jugement sur sa situation personnelle, cette scène m’a rappelé quelque chose de très simple : nous entretenons notre corps pour ce que nous voulons pouvoir faire avec.
Cette newsletter parlera donc de capacité physique, de mobilité, de stabilité… mais aussi d’une question sur laquelle je réfléchis beaucoup dans ma pratique : quelle place chacun doit-il prendre dans sa propre santé ?
Être en forme… aussi pour profiter de ses vacances
Lorsqu’on parle d’activité physique, les objectifs qui reviennent sont souvent les mêmes : perdre du poids, prendre du muscle, améliorer son cardio, avoir moins mal ou simplement « être en bonne santé ».
Mais il existe une autre façon de voir les choses.
La condition physique est aussi une réserve de liberté.
Pouvoir marcher plusieurs heures pour visiter une ville. Monter jusqu’à un point de vue. Descendre des escaliers pour rejoindre une plage. Porter ses valises. Faire une randonnée. Jouer avec ses enfants ou ses petits-enfants.
Ce sont des choses très ordinaires… jusqu’au jour où elles deviennent difficiles.
À Malte, entre la chaleur, les rues en pente de La Valette et les nombreuses marches, les journées pouvaient rapidement devenir physiques.
C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles entretenir sa condition physique tout au long de la vie me paraît important.
L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes de pratiquer 150 à 300 minutes d’activité physique aérobie d’intensité modérée par semaine, ou l’équivalent en activité plus intense, auxquelles s’ajoute du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.
Il n’est pas nécessaire de devenir sportif de haut niveau.
Il faut surtout conserver suffisamment de force, d’endurance, d’équilibre et de capacité de mouvement pour continuer à faire les choses qui comptent pour nous.
Et cela change légèrement la manière de considérer l’activité physique.
On ne s’entraîne plus uniquement pour aujourd’hui.
On construit aussi les capacités dont on aimerait disposer dans 10, 20 ou 30 ans.
La condition physique n’est pas seulement une performance. C’est une réserve de liberté.
Pendant des années, il fallait « s’étirer ». Maintenant, il faut être « mobile »…
Les tendances évoluent également dans le domaine de la santé.
Pendant longtemps, la réponse à beaucoup de problèmes était :
« Vous êtes raide, il faut vous étirer. »
Depuis quelques années, le vocabulaire a changé. On parle énormément de mobilité.
Mobilité de cheville. Mobilité de hanche. Mobilité thoracique. Routine de mobilité…
Et c’est une évolution intéressante.
Mais avons-nous besoin de gagner de la mobilité partout ?
Pas nécessairement.
Car pour produire un mouvement efficace, notre corps n’a pas seulement besoin d’être mobile.
Il doit également être capable de contrôler cette mobilité.
Mobilité ou stabilité : le modèle « Joint-by-Joint »
Le kinésithérapeute Gray Cook et le préparateur physique Michael Boyle ont popularisé un modèle particulièrement simple pour réfléchir au mouvement : le Joint-by-Joint Approach.
En remontant le corps, certaines régions auraient une tendance ou un besoin dominant de mobilité, tandis que les régions voisines auraient davantage besoin de stabilité et de contrôle moteur. Cook lui-même présente cette approche comme une manière de réfléchir aux tendances fréquemment rencontrées plutôt que comme une série d’absolus physiologiques.
C’est volontairement simplifié. Une hanche doit évidemment être stable et une colonne lombaire doit évidemment pouvoir bouger.
L’intérêt du modèle est ailleurs : une sensation de raideur ne signifie pas automatiquement qu’il faut chercher davantage d’amplitude.
Parfois, le problème est justement que le corps ne contrôle pas suffisamment le mouvement.
Une articulation peut alors avoir besoin de stabilité, de force ou de contrôle moteur, plutôt que d’une nouvelle séance d’étirements.
C’est une distinction importante dans l’examen clinique et dans le choix des exercices proposés.
Être mobile, c’est pouvoir aller dans une amplitude.
Être stable, c’est être capable de contrôler ce qui s’y passe.
Les deux sont complémentaires.
Nouveau titre
Le chiropracteur n’est pas un « réparateur à la demande ».
C’est probablement le sujet sur lequel j’ai le plus réfléchi ce mois-ci.
Cela fait maintenant près de 14 ans que j’évolue dans le domaine de la santé, de l’activité physique et de la prévention.
Et malgré les années, certaines mécaniques continuent de m’interroger.
Une personne consulte avec une douleur présente depuis cinq ou dix ans.
Puis viennent parfois :
« J’ai également mal ici. »
« Et là. »
« Ah, et j’ai oublié, j’ai aussi mal à cet endroit depuis plusieurs années. »
Nous réalisons l’anamnèse, l’examen clinique, parfois un examen neurologique, l’analyse des imageries lorsqu’elles sont nécessaires.
Nous essayons ensuite de comprendre le problème.
Puis nous construisons une stratégie : thérapie manuelle, exercices, reprise progressive de certaines activités, modification de quelques habitudes et, lorsque cela est pertinent, prise en charge complémentaire avec un médecin, un kinésithérapeute, un podologue ou un autre professionnel de santé.
Et parfois, à la fin de la première consultation :
« J’ai encore mal. »
Ou au début de la suivante :
« J’ai toujours mal. »
Alors même que les exercices ou recommandations proposés n’ont pas encore été mis en place.
Le corps humain n’est pas une voiture
Je pense qu’une partie du problème vient de la représentation que nous avons parfois du soin.
Nous aimerions pouvoir déposer notre corps chez un professionnel comme nous déposons une voiture au garage.
« J’ai mal en L5 ? »
Très bien.
Malheureusement, je n’ai pas une vertèbre L5 neuve dans un tiroir que je peux installer à la place.
Ce serait pratique.
Mais la douleur est beaucoup plus complexe qu’une pièce mécanique défectueuse.
Une douleur persistante peut impliquer de nombreux éléments : tissus, système nerveux, capacités physiques, sommeil, niveau d’activité, charge professionnelle ou sportive, comportements, contexte psychosocial, habitudes de vie…
Le traitement manuel peut donc avoir sa place.
Mais il ne constitue pas toujours, à lui seul, la totalité de la réponse.
Qui est responsable de votre santé ?
La question est volontairement provocatrice.
La réponse, elle, est beaucoup plus nuancée.
Le professionnel de santé a une responsabilité.
Il doit écouter, examiner, détecter ce qui nécessite éventuellement une orientation médicale, expliquer ce qu’il pense avoir identifié, proposer une stratégie cohérente et la réévaluer lorsque cela est nécessaire.
Mais il existe une limite très simple.
Je ne peux pas :
* faire vos exercices à votre place ;
* marcher à votre place ;
* dormir à votre place ;
* modifier vos habitudes à votre place ;
* reprendre progressivement une activité physique à votre place.
Et c’est là que la prise en charge devient une collaboration.
Pourquoi est-il parfois si difficile de changer ?
Il serait trop facile de résumer cela par :
« Les patients ne font pas leurs exercices. »
La réalité est plus intéressante.
Une revue systématique publiée en 2025 sur l’adhésion à la rééducation par l’exercice dans les troubles musculosquelettiques a retrouvé parmi les obstacles les plus fréquents le manque de temps, la douleur et d’autres problèmes de santé. À l’inverse, le sentiment d’être capable d’agir — l’auto-efficacité — et la perception des bénéfices attendus font partie des facteurs facilitant l’adhésion.
Dans la lombalgie chronique, les facteurs influençant l’adhésion sont eux aussi multiples : rapport à la douleur et au corps, facteurs psychologiques, environnement social et contraintes extérieures.
Autrement dit, savoir ce qu’il faudrait faire ne suffit pas toujours à le faire.
C’est également au professionnel de proposer quelque chose de réaliste.
Trois exercices réellement effectués seront généralement plus intéressants qu’un programme parfait de quinze exercices qui restera posé sur une table.
Expliquer, fixer des objectifs, accompagner et donner du feedback font d’ailleurs partie des stratégies étudiées pour favoriser l’adhésion, même s’il n’existe pas une méthode universelle fonctionnant pour tout le monde.
Du patient passif au patient acteur
Avec le temps, ma vision du soin s’est de plus en plus éloignée d’un modèle dans lequel le professionnel « répare » une personne passive.
Je préfère cette logique :
Comprendre → Décider → Agir → Réévaluer → Adapter
La thérapie manuelle peut faire partie de ce processus.
Les exercices aussi.
Une consultation médicale ou le travail d’un autre professionnel peuvent parfois être nécessaires.
Mais il existe une personne qui reste présente pendant l’intégralité du processus : vous.
Prenons une année complète.
Elle représente 8 760 heures.
Même avec plusieurs consultations au cabinet, le temps passé avec votre chiropracteur ne représente qu’une infime partie de ces 8 760 heures.
Tout le reste se passe dans votre quotidien.
C’est précisément là que se trouvent beaucoup des leviers les plus puissants.
L’objectif n’est pas de devenir dépendant du cabinet
Cette idée est importante pour moi.
Le succès d’une prise en charge ne devrait pas se mesurer au nombre de consultations réalisées.
Mon objectif n’est pas que vous ayez besoin de venir au cabinet toutes les semaines pendant des années.
Il est plutôt de vous aider à :
- comprendre ce qui se passe ;
- retrouver des capacités ;
- identifier les leviers sur lesquels vous pouvez agir ;
- disposer progressivement des outils permettant de mieux gérer votre santé.
Il existe évidemment des situations où un suivi régulier est pertinent.
Mais lorsque cela est possible, l’autonomie reste un objectif.
Finalement, la prévention consiste peut-être moins à « éviter absolument toute douleur » qu’à construire un organisme suffisamment capable et adaptable pour continuer à vivre comme nous le souhaitons.
Et cela nous ramène au début de cette newsletter.
Prendre soin de son corps pour pouvoir s’en servir
Pourquoi entretenir sa force ?
Pour pouvoir porter.
Pourquoi travailler son équilibre ?
Pour pouvoir continuer à marcher sereinement.
Pourquoi entretenir son endurance ?
Pour pouvoir visiter une ville pendant plusieurs heures.
Pourquoi prendre soin de sa santé ?
Entretenir suffisamment sa santé pour pouvoir penser à autre chose et profiter de sa vie.
Merci pour vos avis
Vous êtes encore nombreux à avoir pris quelques minutes ces dernières semaines pour partager votre expérience du cabinet sur Google.
Merci.
Ces témoignages participent bien sûr au référencement du cabinet de chiropraxie à Billère et dans l’agglomération de Pau, mais ils permettent surtout aux personnes qui recherchent un chiropracteur de savoir à quoi s’attendre avant leur première consultation.
Si vous souhaitez à votre tour partager votre expérience, vos avis sont toujours les bienvenus.
Prenez soin de vous !
Yassine KEBDANI, DC
Chiropracteur à Billère – Pau Ouest
Pour aller plus loin
Organisation mondiale de la Santé. Lignes directrices sur l’activité physique et la sédentarité. Organisation mondiale de la santé
Cook G., Boyle M. Joint-by-Joint Approach — modèle de mobilité et de stabilité. On Target Publications
de Amorim H. et al. Barriers and facilitators to exercise-based rehabilitation in people with musculoskeletal conditions: A systematic review. Musculoskeletal Science and Practice, 2025. PubMed
Gilanyi YL. et al. Barriers and enablers to exercise adherence in people with nonspecific chronic low back pain: a systematic review of qualitative evidence. Pain, 2024. PubMed
Meade LB. et al. Behaviour change techniques associated with adherence to prescribed exercise in patients with persistent musculoskeletal pain: Systematic review. British Journal of Health Psychology, 2019.


